Composition de l'Auditoire en Prise de Parole en Public
Comment reconnaître et gérer les sept types d'auditoire selon Giovanni Ceroni, et comment utiliser les questions pour conduire efficacement une communication.
Tout le monde dans l'auditoire n'est pas identique. Chacun porte avec lui un état, un filtre, une intention différente. Apprenez à les reconnaître — pas pour les étiqueter, mais pour utiliser le bon outil au bon moment.
Ce que c'est
La communication génère de l'impact, elle ne transmet pas seulement du contenu : c'est pourquoi elle doit être exercée avec responsabilité. La responsabilité est toujours celle de qui communique, et le feedback reçu est la mesure de son efficacité — l'intention ne suffit pas, et ce n'est pas un problème du public ou de l'interlocuteur si le message n'arrive pas. Celui qui communique doit se positionner envers celui qui écoute avec l'attitude de quelqu'un qui parle à un allié avec qui construire, pas à un adversaire à vaincre.
Au sein de tout auditoire, on peut rencontrer différents types de personnes, schématisables en sept profils : le positif, le timide, le procédurier, le malin, le je-sais-tout, le méfiant, le fermé réfractaire et le bavard/pointilleux. Le but de cette classification n'est pas d'étiqueter qui que ce soit, mais d'offrir à celui qui communique des outils utiles pour impliquer et rendre complices toutes les personnes qu'il rencontre.
Pourquoi c'est important
Reconnaître les différents types d'auditoire est important car cela permet d'adapter le style communicatif à la personne spécifique en face, au lieu d'appliquer une seule approche à tous, avec le risque de perdre certaines personnes ou de laisser une dynamique isolée (comme une intervention polémique ou excessivement prolixe) compromettre toute la communication.
Comment ça marche
Le positif contribue avec intelligence, presque toujours au bon moment : on le laisse parler, en faisant en sorte que sa contribution enrichisse la communication, sans en abuser. Le timide tend à ne pas s'exposer : on l'implique avec la proxémique, en s'approchant sans envahir, en posant des questions sur ses intérêts pour créer du rapport et en offrant des retours positifs sur ce qu'il dit. Le procédurier cherche le conflit ouvert : il faut comprendre qu'il n'en veut pas personnellement à celui qui communique, vérifier si sa position est partagée par le reste du groupe avec des questions comme « êtes-vous tous d'accord avec lui ? », et si nécessaire utiliser une pause comme moment de confrontation directe. Le malin est un manipulateur habile qui tente de piéger celui qui communique : on répond avec humour et raisonnement, en restant centré et rationnel, en déplaçant la confrontation des discours vers les faits. Le je-sais-tout veut démontrer qu'il en sait plus : on le laisse commenter, on le renforce avec des retours positifs pour en faire un allié, et on peut l'utiliser dans la présentation de cas concrets. Le méfiant part négatif et reste en dehors de la discussion : on lui pose des questions spécifiques sur ses intérêts, en cherchant à comprendre ce qui compte pour lui, et en montrant de l'autorité pour l'intriguer. Le fermé réfractaire ne veut pas parler car peu intéressé : on le laisse tranquille, surtout au début, en intervenant avec curiosité sincère seulement s'il montre des signes d'ouverture. Le bavard veut raconter sa propre expérience même quand ce n'est pas pertinent : il faut limiter avec tact le temps à sa disposition, résumer son intervention et continuer, en impliquant éventuellement le reste du groupe. Le pointilleux s'arrête sur des détails marginaux : sans le critiquer, on clarifie poliment les objectifs et le temps disponible, pour ensuite continuer vers les points suivants.
Un deuxième outil fondamental du communicateur responsable est l'usage ciblé des questions, la façon la plus habile de conduire une communication. On distingue différents types : les questions ouvertes, utiles en phase initiale pour faciliter l'ouverture et le rapport, en calibrant le public et ses motivations ; les questions fermées, qui permettent un plus grand contrôle de la communication et fournissent des confirmations précises ; les questions neutres, qui permettent à la personne de s'exprimer librement ; les questions orientées, qui orientent la pensée de l'auditeur vers une direction spécifique, utiles pour générer de la conscience ou activer une action.
Les questions remplissent en outre des fonctions différentes selon le moment de la communication : questions génériques (« comment vas-tu ? ») dans les phases initiales pour favoriser le rapport ; questions situationnelles (« qu'attends-tu de ce parcours ? ») pour recueillir des informations sur les besoins ; questions sur le problème et ses implications (« quelles conséquences cela a-t-il eu jusqu'à aujourd'hui ? ») pour comprendre le coût réel d'une situation ; questions d'approfondissement et de vérification (« me suis-tu ? ») pour contrôler compréhension et accord ; questions sur la nécessité et les bénéfices (« qu'est-ce qui changerait concrètement ? ») pour faire émerger la valeur d'une solution ; questions de pré-clôture et de clôture (« y a-t-il quelque chose qui t'empêche de continuer ? ») pour vérifier la disponibilité à poursuivre. Les questions passe-partout (« que ferais-tu pour... ? », « as-tu déjà affronté avec succès une situation similaire ? ») servent en particulier à relancer la pensée quand la conversation entre dans une phase de blocage.
Erreurs les plus fréquentes
Une erreur courante est de traiter toutes les personnes de l'auditoire avec la même approche communicative, en ignorant que des types différents nécessitent des stratégies différentes pour être impliqués efficacement. Une deuxième erreur est d'entrer en conflit direct avec un profil procédurier ou malin, alimentant l'affrontement au lieu de déplacer la confrontation vers les faits. Une troisième erreur est d'utiliser des questions fermées trop tôt dans la communication, quand des questions ouvertes seraient encore nécessaires pour construire du rapport et recueillir des informations.
Exemple pratique
Pendant une réunion, un participant intervient de manière répétée et polémique, cherchant l'affrontement ouvert. Celui qui dirige la réunion, au lieu de répondre avec la même agressivité, demande au groupe : « êtes-vous tous d'accord avec cette lecture ? », vérifiant si la position polémique est réellement partagée ou isolée. En même temps, un autre participant très timide n'est pas encore intervenu : l'animateur s'approche physiquement de lui, sans l'envahir, et lui pose une question directe sur ses intérêts spécifiques, offrant un retour positif à sa réponse pour construire du rapport et l'inclure progressivement dans la discussion.
Applications
La reconnaissance des types d'auditoire et l'usage ciblé des questions trouvent une application dans la prise de parole en public, la conduite de réunions, la formation, la vente, le coaching et dans tout contexte où il est nécessaire de communiquer efficacement avec un groupe hétérogène de personnes.
Questions fréquentes
Quels sont les principaux types de personnes que l'on peut rencontrer dans un auditoire ?
Sept profils principaux : positif, timide, procédurier, malin, je-sais-tout, méfiant, fermé réfractaire et bavard/pointilleux, chacun avec une approche communicative spécifique plus efficace.
Comment gère-t-on une personne procédurière pendant une communication publique ?
En comprenant que la polémique n'est pas personnelle, en vérifiant si sa position est partagée par le reste du groupe, et en évitant de se laisser entraîner dans un affrontement direct.
Quelle est la différence entre questions ouvertes et questions fermées ?
Les questions ouvertes facilitent l'ouverture et le rapport dans les phases initiales, mais offrent moins de contrôle sur la conversation ; les questions fermées offrent plus de contrôle et fournissent des confirmations précises, mais doivent être utilisées à un stade ultérieur.
Que sont les questions passe-partout ?
Ce sont des questions utiles pour relancer la pensée quand une conversation entre dans une phase de blocage, comme « que ferais-tu pour... ? » ou « as-tu déjà affronté avec succès une situation similaire ? ».
À qui incombe la responsabilité si une communication ne fonctionne pas avec l'auditoire ?
Toujours à celui qui communique. Ce n'est pas un problème du public : c'est la tâche de celui qui parle d'adapter style, questions et approche aux différents types de personnes présentes.
Concepts liés
Communiquer n'est pas Informer, Gérer Questions et Objections, Les Qualités du Bon Communicateur, Cos'è la Calibrazione (IT).
Approfondir
Les types d'auditoire et les questions du communicateur sont présentés dans les chapitres « Responsabilité », « Composition de l'Auditoire » et « Les Questions du Communicateur » du Volume I de « La Lama Invisibile ».
Approfondir dans les livres
Si ce sujet vous est utile, vous pouvez l'approfondir dans le parcours de la collection La Lama Invisibile, où les concepts sont reliés à des exemples, des modèles et des applications pratiques.
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Lectures conseillées pour approfondir
Si ce sujet vous intéresse, ces lectures peuvent vous aider à aller au-delà de la synthèse proposée dans cette page.
PNL et relation
Richard Bandler, John Grinder
Shelle Rose Charvet
divers auteurs
- Bandler, R., & Grinder, J. (1979). Frogs into Princes. Moab, UT: Real People Press.
- Charvet, S. R. (1997). Words That Change Minds: Mastering the Language of Influence. Dubuque, IA: Kendall Hunt.
- Dilts, R. (1998). Modeling with NLP. Capitola, CA: Meta Publications.
- Mehrabian, A. (1971). Silent Messages. Belmont, CA: Wadsworth.
- Erickson, M. H., & Rossi, E. L. (1979). Hypnotherapy: An Exploratory Casebook. New York: Irvington.

